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| Moyen Âge et génocide chrétien | |||||||||||||||
| Le Moyen Âge en Europe sera, sans conteste, marqué du sceau de lÉglise catholique qui répondra toujours présente pour légitimer les violences inhérentes au mode de société quelle impose et qui fait sa gloire, sa puissance et sa richesse. Elle invoquera ainsi la Bible pour déclarer que lhomme se doit de dompter la nature. Dès lors, son premier ennemi, qui empêche lexercice paisible du pastoralisme et la domestication des proies de lhomme, cest le loup. Elle prendra pour symbole, lagneau pascal, si doux, et diabolisera, de la même façon, lanimal qui le menace : le loup, incarné par la cruauté, un caractère sanguinaire, un esprit fourbe, malin, Le loup, cest lanimal le plus cruel, qui emmène lanimal le plus doux. | ![]() |
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| Le loup, cest le Diable. « Quand on parle du loup, il saute le buisson », dit le proverbe. Cela signifie quil ne faut pas trop parler de Celui-qui-ne-peut-être-nommé. Le loup en dévorant les corps sapproprie les âmes. « Si le loup menace de bondir sur toi, tu saisis une pierre et il senfuit. Ta pierre, cest le Christ. Si tu te réfugies dans le Christ, tu mets en fuite les loups, cest-à-dire le Diable ; il ne pourra plus te faire peur », disait saint Ambroise. (cité par CARBONE, 1991, 23). Il navait pas tort, le loup nest pas plus difficile que cela à faire fuir. Pourtant, la morale judéo-chrétienne va développer une masse impressionnante de croyances et de légendes sur le loup à travers Perrault, La Fontaine et autres conteurs. | |||||||||||||||
| Depuis le Moyen Âge, le loup fait l'objet des plus cruels piégeages. L'Église, Charlemagne, Descartes et la bête du Gévaudan ont été là pour légitimer ces derniers. Photo: IWFEA | |||||||||||||||
| De Charlemagne à Descartes - La bête du Gévaudan porte un coup presque fatal | |||||||||||||||
Tout commence avec Charlemagne qui, au IXe siècle, crée le corps de louveterie, destiné à détruire les loups pour libérer le territoire. Celui-ci tiendra plus de mille ans, tant la résistance des loups est importante. La louveterie sera financée par la Couronne jusquà la révolution, à vrai dire jusquen 1787, date à laquelle elle est dissoute car considérée comme trop dispendieuse. Napoléon la rétablira très vite avec, à sa tête, un « grand veneur ». Linstitution existe toujours à lheure actuelle, avec de nouvelles fonctions, bien sûr. « En 1975, les lieutenants de louveterie protégeraient bien les loups contre les hommes mais il ny a plus de loups », confie à Geneviève Carbone Pierre Champeroux, lieutenant de louveterie en Ile-de-France. (CARBONE, 1991, 169). |
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| La bête du Gévaudan porte un coup quasi fatal
Au XVIIIeme siècle, la peur du loup sera très fortement relancée par la fameuse « Bête du Gévaudan » qui terrorisa la région pendant plus de trois mois et tua une centaine de personnes, « négligeant » la chair des agneaux pour celle des bergers, selon les « historiens » de lépoque. Ce choix de victimes démontre quon ne se trouvait pas en présence dun animal sauvage, selon les éthologues et tous ceux qui, aujourdhui enfin, ont étudié le loup sur le terrain. Il est par contre fort probable quil sagissait dun chien. Dans « Vie et mort de la bête du Gévaudan », R.F. Dubois dévoile les résultats de son enquête : la « Bête» était bien un animal, voire plusieurs, mais dressé(s) par lhomme à tuer . Lhypothèse se porte bien souvent sur les frères Chastel, personnages très influents auprès du Comte de Morangiès et du Marquis dApcher. En effet, ceux-ci étant accusés de tentatives de meurtre dans un autre dossier, les crimes attribués à la « Bête » cessaient aussitôt quils étaient mis en prison. |
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| La bête du Gévaudan n'était en fin de compte qu'un chien de guerre dressé pour servir une machination humaine. Gravure du XVIIIe | |||||||||||||||
| Après la révolution, la chasse nétant plus réservée à laristocratie et laugmentation des primes donnant du cur à louvrage, lhomme a déployé limpressionnant arsenal de son génie meurtrier : arcs, flèches, arbalètes puis fusils de plus en plus performants, battues, trappes, poisons et une foule dautres moyens rivalisant dinventivité, doriginalité et surtout de cruauté. Rien quen France, en une dizaine dannées, de 1818 à 1829, plus de dix-huit mille loups ont été tués. A la fin du XIXe siècle, lespèce avait pratiquement disparu du pays. Certains rares loups parvinrent jusquau XXe siècle mais lapparition de la strychnine, poison inodore, marqua leur fin dans la plupart de nos pays dEurope. En France, le dernier représentant fut abattu en 1927. En Belgique, il disparaît définitivement en 1897. |
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